Facteurs de risque de contamination et de transmission de l'infection par le VIH à Madagascar

Facteurs de risque de contamination et de transmission de l'infection par le VIH à Madagascar

Rasamindrakotroka A.J.1, Kirsch T.2, Rarivoharilala E.3, Rakotomanga S. 4

1/ Laboratoire National de Référence de l’infection par le VIH/SIDA - Service de Laboratoire d’Immunologie CHU d’Antananarivo – JRA, Madagascar

2/ Deutsche Gesellschaft Technische Zusammenarbeit (GTZ)

3/ Service Central MST/SIDA Ministère de la Santé Madagascar

4/ Faculté de Médecine d’Antananarivo Madagascar

La Presse Médicale, 1992, 21, 39 : 1871-1872

Depuis l’identification des premiers cas de Sida aux Etats-Unis en 1981, des études ont été réalisées dans presque tous les pays. Elles ont permis de définir des zones de haute, moyenne et basse prévalence. En ce qui concerne Madagascar, les premières études ont commencé en 1985. Elles se poursuivent les années suivantes. Elles se limitent à quelques zones géographiques et à certains groupes d’individus à risque. Ainsi, de Janvier à Décembre 1989, il a été organisée une enquête nationale qui s’est fixée comme objectifs l’estimation de la séroprévalence et l’identification des facteurs qui peuvent contribuer à la contamination et à la dissémination de l’infection à VIH. Treize catégories d’individus ont été choisies : ouvriers d’usines et d’entreprises, prisonniers, étudiants, militaires, marins, chauffeurs et camionneurs, lycéens et collégiens, prostituées, femmes enceintes, donneurs de sang, malades MST, malades suspects, personnels d’hôte, de restaurants et de ports. Le recrutement se fait au hasard. 19 326 individus ont été inclus dans cette étude. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés comme : le voyage à l’extérieur de la grande Ile, l’hétérosexualité à partenariat multiple et les antécédents de maladies sexuellement transmises (MST).

L’infection à VIH peut être considérée à Madagascar comme une maladie imoortée. Elle peut être contractée par des nationaux et des résidents étrangers effectuant des missions, des voyages d’affaires ou de tourisme dans les régions fortement contaminées (p<0,001), ou transmise par des étrangers de passage dans la Grande Ile, 27% des hétérosexuels de cette étude avouent avoir plus d’un partenaire sexuel, le plus souvent occasionnel et anonyme. Ils ont un risque significativement plus élevé que les individus n’ayant pas ou ayant un seul partenaire (p<0,03). La transmission homosexuelle n’est pourtant pas à négliger (p<<<0,001) même si très peu d’individus avouent avoir cette pratique.

Les MST sont considérées comme des cofacteurs de contamination et/ou de dissémination de l’infection (p<0,001). Les plaies, les ulcérations et les chancres génitaux, et éventuellement anaux pour les relations homosexuelles, peuvent constituer des portes d’entrée et facilitent la pénétration du VIH.

La transfusion sanguine, les soins dentaires et les injections parentérales ne semblent pas constituer à l’heure actuelle des voies majeures de transmission de l’infection. Toutefois, le danger potentiel est toujours présent. Est également exclue la toxicomanie par voie intraveineuse, les Malgaches préfèrent plutôt la chanvromanie.

Madagascar est pour le moment encore dans une situation privilégiée en ce qui concerne l’infection à VIH qu’il faut s’attacher à préserver. Des mesures adéquates doivent être prises dans l’immédiat et dans les prochaines années pour limiter la contamination et la propagation de cette infection. Ces mesures consistent à réaliser des campagnes d’information d’éducation et de communication aussi bien pour la population générale que pour chaque groupe cible, améliorer l’infrastructure des différentes formations sanitaires, surtout en matériels de stérilisation, assurer le dépistage systématique des dons de sang et préférer la prescription des médicaments par voie orale.

Mots clés : VIH - facteurs de risque - Madagascar. 

 

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