Donneurs de sang de la région tananarivienne : estimation de la séroprévalence de la syphilis, de l'hépatite B et de l'infection à VIH

Donneurs de sang de la région tananarivienne : estimation de la séroprévalence de la syphilis, de l'hépatite B et de l'infection à VIH

Rasamindrakotroka A.J. 1, Ramiandrisoa A. 2, Radanielina R. 3, Kirsch T. 4, Rakotomanga S. 5.

1/ Laboratoire National de Référence de l’infection par le VIH/SIDA - Service de Laboratoire d’Immunologie CHU d’Antananarivo – JRA, Madagascar

2/ Centre de Transfusion Sanguine CHU d’Antananarivo – JRA, Madagascar  

3/ Centre de Transfusion Sanguine Hôpital Militaire d’Antananarivo, Madagascar  

4/ Deutsche Gesellschaft Technische Zusammenarbeit (GTZ)

5/ Faculté de Médecine d’Antananarivo Madagascar

Méd. Mal. Infect., 1993, 23 : 40-41

Le but de la transfusion sanguine est d’apporter au receveur les constituants de sang qui lui font défaut. La nécessité de soumettre ces constituants à un test de dépistage d’agents infectieux devrait être évaluée sur la base des données épidémiologiques. Un moyen d’obtenir ces données consiste à procéder à une étude préliminaire dans une population de donneurs de sang. Aussi, de Janvier à Mars 1990, une enquête épidémiologique a été faite dans une population de 1629 donneurs de sang de la région tananarivienne : 1366 hommes et 263 femmes (sex ration égal à 5,20). Ils peuvent être des membres de la famille des malades qui ont besoin de sang (86,8%), des donneurs bénévoles (11,5%) ou rémunérés (1,7%). Ils sont âgés de 18 à 60 ans et en bonne santé. L’interrogatoire et les examens cliniques précédant le prélèvement excluent les individus qui ont des antécédents de syphilis, d’hépatite, de paludisme et d’affections invalidantes chroniques.

L’étude consistait à rechercher des stigmates d’infection syphilitique, d’hépatite ou de contamination pat VIH-1. Les réactifs utilisés sont le kit VDRL (Behring Institut) pour la syphilis, le kit monolisa HBs (Diagnostics Pasteur) pour l’hépatite et les kits Elavia 1 (Diagnostics pasteur) et western-blot (Biorad) pour la recherche de l’infection par le VIH-1.

De cette étude, il apparaît que 7,31% et 4,73% des donneurs de sang sont infectés respectivement par le Treponema pallidum et le virus de l’hépatite B. si l’infection touche avec la même acuité les individus des deux sexes pour la syphilis, elle est significativement plus élevée chez l’homme (5,2%) par rapport à la femme (2,28%) (p<0,05) pour l’hépatite B. la recherche de liaison entre ces deux infections a montré que le portage de l’antigène HBs n’est pas plus fréquent chez les individus « syphilis négative » (37/1510) que chez les individus « syphilis positive » (4/119) (p>0,46).

Pour l’infection à VIH, aucun cas de séropositivité n’a été identifié, ce qui corrobore les données trouvées dans les études antérieures.

Mis à part le portage de l’AgHBs où aucune différence significative n’a été observée entre la population générale et la population de donneurs. Ces prévalence estimées sont faibles comparées à celles des enquêtes épidémiologiques réalisées la même année dans la même région : 18% pour la syphilis et 6,25 0/000 pour l’infection à VIH. L’interrogatoire précédant les prélèvements a permis d’éliminer une partie des individus infectés.

Néanmoins, pour répondre à l’exigence fondamentale des services de transfusion sanguine, qui est de disposer de « sang propre », il est important de procéder au dépistage systématique de ces trois infections, infections que l’interrogatoire ne permet pas d’éliminer totalement.

Mots clés : donneurs de sang – Antananarivo - VIH – Treponema pallidum – virus de l’hépatite B  –prévalence.

 

 

 

 

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site