Aspects clinico-biologiques du Sida chez l'adulte malgache

Aspects clinico-biologiques du Sida chez l'adulte malgache

Rasamindrakotroka A.J., Razafinimanana J.D., Rakotomalala C.A., Rakotomanga S.

Recherches pour le Développement, Série Médecine, 1992, 1 : 21-23

Après la découverte des premiers cas de Sida chez des homosexuels américains, l’infection due au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) s’est répandue dans les différentes régions du monde. Bien que les modes de transmission et la biologie de la maladie soient les mêmes, il existe des différences frappantes en ce qui concerne l’épidémiologie et les manifestations cliniques.

En ce qui concerne Madagascar, sur plus de 60 000 individus testés dans le cadre d’anquêtes, de surveillances épidémiologiques et de dépistage, vingt cinq (25), soit 4,16 pour 10 000 individus, sont porteurs d’anticorps spécifiques dirigés contre les antigènes du VIH. Deux d’entre eux ont développé un Sida avéré répondant à la définition clinique établie à l’atelier OMS de Bangui.

Le premier cas est une prostituée de 30 ans, dont la séropositivité fut identifiée en 1987. Deux ans après sont apparus les premiers signes cliniques à type de fièvre, asthénie, amaigrissement, anorexie, hypersudation nocturne, diarrhée, toux chronique et candidose buccale et cutanée. En Janvier 1990, elle décède dans tableau d’infection et de manifestations neuropsychiatriques (démence, trouble de l’humeur, hémiplégie).

Le deuxième malade est un homosexuel de 35 ans dont l’infection à VIH a été confirmée en 1989. Il a présenté un tableau clinique associant fièvre, asthénie, amaigrissement, diarrhée, toux chronique, candidose buccale et sarcome de Kaposi généralisé confirmé par l’histologie.

Pour ces deux malades :

(i)            cliniquement, il est difficile d’apporter une précision sur les signes cliniques de la primo-infection. Il en est de même de la durée du portage asymptomatique. A la phase d’état, six signes dominent le tableau : la fièvre, l’asthénie, l’amaigrissement, la diarrhée, la toux et la candidose buccale.

(ii)          (ii) biologiquement, on relève la confirmation de l’infection à VIH-1, la présence de germes opportunistes, plus particulièrement le C. albicans au niveau des lésions cutanéo-muqueuses, et la perturbation des paramètres explorant le statut immunitaire (anergie aux tests cutanés, lymphopénie, hypergammaglobulinémie affectant les IgM et les IgA, augmentation de la bêta 2 microglobulinémie). La numération des cellules CD4+, CD8+ et le rapport CD4+/CD8+ n’ont pas pu être réalisés faute de réactifs.

Dans la définition clinique du Sida, pour des raisons de commodité pratique, nous avons adopté celle retenue par l’atelier OMS de Bangui. En effet, celle proposée par le « Center for Diseases Control » (CDC) d’Atlanta nécessite des moyens d’exploration souvent non disponibles en pratique courante dans nos formations sanitaires. Néanmoins, devant la basse prévalence de l’infection, la faible incidence de la maladie et la non spécificité des signes cliniques et l’absence de critères biologiques de la définition de Bangui, il est nécessaire de recourir à des tests de dépistage et de confirmation pour prouver l’infection à VIH. De plus, le suivi clinico-biologique des séropositifs et des sidéens devrait permettre l’évaluation et l’amélioration de la définition adoptée afin qu’elle aint une meilleure sensibilité, une bonne spécificité et une valeur prédictive élevée.

Mots clés : VIH – SIDA – clinique – biologie - Madagascar. 

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